Balade, cueillette et gourmandise...
Découverte de la cuisine aux plantes sauvages, fleurs et légumes anciens.
Produits locaux, bio et/ou équitable.

Eau de jouvence......Eau d'arbre

L’hiver n’a pas encore tiré sa révérence, mais il est temps pour nous de vous parler des cadeaux que peuvent nous offrir ces majestueux individus qui peuplent nos forêts, jardins et rues…..Les arbres pour les nommer.

Ils méritent tout notre respect car leurs générosités envers nous, l’espèce humaine, est sans limite. Ils nous offrent tout au long de leur vie, nourriture, boisson, …et puis arrivés à maturité, pâte à papier, bois de construction pour nous abriter, de chauffage pour réchauffer nos cœurs et comme tout être, finissent par participer au grand cycle de la vie, en nourrissant le sol et toute la microflore et  microfaune qui y vit.
Mais en ce qui nous concerne, nous allons parler de tous ce qu’ils peuvent nous apporter dans nos assiettes et …nos verres.
A la sortie de l’hiver, vers la première lune du mois de mars, les arbres se préparent à leur renaissance printanière, en pompant par leurs radicelles, leur précieuse eau de vie qui ira nourrir jusqu’au plus petit organe, endormi  au plus haut de la cime de leur houppier.
Et c’est là, que nous allons pouvoir commencer notre première récolte, celle de cette sève, riche en sels minéraux, sucres et oligo-éléments  permettant d’éliminer les toxines accumulées pendant la mauvaise saison et de faire une petite cure de jouvence saisonnière.
Tout d’abord, il faut savoir que dans nos régions, il est possible de récolter la sève de nombreux arbres, mais qu’en terme de quantité et de qualité (surtout quantité de sucre), ils ne sont pas égaux et que pour cela, on leur préférera l’érable, le bouleau et plus rarement le tilleul.
L’érable sucrier (Acer saccharum) fait plutôt partie, comme nous le montre le drapeau Canadien, des forêts nord-américaine. Il y est exploité sous forme d’érablière pour son célèbre sirop. Il est peu présent dans notre paysage, mais plutôt dans nos jardins, où on l’utilise pour ses magnifiques couleurs automnales.
Par contre, le Bouleau fait tout à fait partie de notre environnement, il est indigène, bien présent dans nos forêts, colonisateur des friches abandonnées et surtout généreux en sève d’excellente qualité.




Histoire :
L’utilisation de l’eau de bouleau est ancestrale pour de nombreuses peuplades de l’hémisphère nord de la planète, tant comme aliment énergétique, après l’hiver,  que comme traitement préventif  en usage médicinal.
Technique de récolte :
Les objets utilisés pour la récolte de la sève portent d’étranges noms, généralement attribués au chauffagiste plutôt qu'à l'acériculteur :

Nous avons, tout d'abord...... le chalumeau (inox ou plastique).
Le chalumeau, pièce que l’on introduit dans l’arbre après avoir foré un petit trou à l’aide d’une mèche de 10 mm maximum, avec un angle de 5° vers le bas, sur une profondeur de 4 à 6 cm et par lequel va s'écouler le précieux liquide.
et puis..... chaudière (inox ou plastique)












Sceau suspendu à la chaudière et son couvercle servant à recueillir la sève).

Naturellement, ce matériel est destiné aux professionnels, et pour nous, amateurs, il existe d’autres possibilités, à la portée de tous :

 Matériel :

Une perceuse sans fil munie d’une mèche ( diam.8, pour nous) bien affutée et désinfectée.
Un tuyau en plastique du même diamètre
Une bouteille de 5 L





Choisir un bouleau (sur votre propriété ou avec l’accord du propriétaire de l’arbre) de min 25 cm de diamètre.

A +/- 1,00 m du sol, percer un trou de 4 à 6 cm de profondeur, avec un angle de 5° vers le bas.

Introduire un côté du tuyau dans l’arbre et l’autre, dans la bouteille, par le bouchon que vous aurez préalablement percé.

Récolter une à deux fois par jour, car suivant le moment, l’arbre, l’année,….la quantité peut-être fort variable (de 2 jusqu’à 10 l/jour).

La sève est de couleur claire et a un goût assez fade, elle ne contient que 2 à 5 % de sucre (glucose et fructose), celle de l’érable à sucre (Acer saccharum), utilisée pour la fabrication de son célèbre sirop, en contient +/- 60 % (principalement saccharose).

A titre comparatif, il faut 140 à 160 litres d’eau de bouleau pour faire 1 litre de sirop et seulement 40 litres pour l’eau d’érable.

Lorsque la sève devient laiteuse, trouble, au bout de 3 à 5 semaines, celle-ci n’est plus consommable.

Evitez de prendre plus de 20L/arbre, ne récolter que tous les deux ans sur le même sujet et percer ¼ de tour plus loin de la dernière incision (jamais au même endroit ou juste au-dessus).

Le trou sera, soigneusement reboucher à l’aide d’une cheville en bois ou d’un bout de branchette de l’arbre, du bon diamètre.

En respectant ces conseils, l’arbre ne subit aucun dommage.

Propriétés :

L’hiver passé,  l’homme moderne affaiblit par sa lutte contre les aléas climatiques, les excès des fêtes, le manque de légumes frais,… se tournera, irrémédiablement, vers la prise de toutes sortes de produits que lui offre notre belle industrie pharmaceutique……alors qu’une fois de plus, Dame Nature a tout prévu pour lui fournir gratuitement et de manière naturelle, une cure printanière (soupe d’ortie, eau de bouleau,….) qui le remettra dans les starkings block pour la saison suivante.

L’eau de bouleau fraîche, grâce à ses propriétés diurétique, drainante et reminéralisante, est un vrai petit miracle pour notre organisme.

Elle va le libérer de toutes ses toxines et déchets organiques comme l’acide urique et le cholestérol.

Elle va stimuler notre métabolisme, détoxifier notre corps et notre peau ( eczéma, dermites du cuir chevelu, psoriasis,…).

Favoriser la souplesse de nos tissus et combattre la rétention en eau.

Et grace à son action anti-inflammatoire et  analgésique diminuer les infections rhumatismales.

Durée :

Une cure printanière durera 21 jours, à raison d’un verre de 150 ml par jour.

 Conservation :

La sève de bouleau est un produit vivant et saisonnier qui ne se conserve pas longtemps, après quelques jours suite à la fermentation, celle-ci devient trouble et acidulée, au niveau du goût.

Donc pour pouvoir la conserver pendant le laps de temps que dure une cure, il faut impérativement la garder au réfrigérateur.

Pour la conserver plus longtemps, on peut soit, ajouter de l’alcool pur pour la stabiliser ou des clous de girofle ou encore la congeler dans des bacs à glaçons.

Autres utilisations alimentaires :

-         Sirop de bouleau : coût élevé en magasin (12 $ la bouteille de 125 cl) et demandant de grande quantité pour le produire soi-même.

-         Les toutes jeunes feuilles peuvent-être ajoutées aux salades.

-         La fermentation de l’eau de bouleau donne un vin similaire au champagne.

-         En Scandinavie, on utilise la sciure de bouleau mélangée avec de la farine pour en faire du pain.

-         Chez nous, en Europe, on en a mangé l’écorce interne (bouleau blanc).

-         Les Amérindiens mangeaient l’écorce du bouleau à papier, apparemment très sucrée.

A votre santé....


3 commentaires:

  1. J'ai du sauter une case...mais comment se fait la transition entre le sirop/sève et l'eau de bouleau...car la sève telle quelle devrait être collante et indigeste!
    Des éclaircissements?...

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Bonjour André,
      La sève de bouleau ou eau de bouleau est utilisable immédiatement. Il est vrai que quand on parle de sève, on pense directement à quelque chose de collant, certainement à cause des conifères, mais ce n'est pas le cas du bouleau!
      La sève de bouleau est composée essentiellement d'eau + de minéraux et d'une très faible quantité de sucre. Elle est, excessivement digeste. Lorsque l'on en boit, on a l'impression de boire de l'eau un peu lourde et d'ailleurs assez fade et insipide, au niveau du goût. Tout l'intérêt est dans ses propriétés. En espérant avoir réussi à vous éclaircir, passez une belle journée printanière.

      Supprimer
  2. Il y a la sève brute montante, et la sève élaborée enrichie par le glucose issu de la photosynthèse. La sève montante au printemps est chargé de minéraux et d'un peu de sucre issu du stock d'amidon des racines pour le démarrage des bourgeons...

    RépondreSupprimer